Planète Mars : toutes les missions en cours
Mars

Planète Mars : toutes les missions en cours

Surcouf Le Breton
Surcouf Le Breton

Table des matières

Mars.
Voici une planète qui en a fait rêver plus d’un, au cours de ces siècles. Après un engouement démesuré dans les années 70, dû à l’espoir d’y trouver de la vie ; la planète est tombée un peu aux oubliettes pendant quelques décennies avant de retrouver ses lettres de noblesse.

En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en cette année 2021, la planète rouge est au cœur de l’exploration spatiale d’une grande partie des agences spatiales du monde.

Nous allons donc faire un tour d’horizon de toutes les missions actuellement actives pour la 4e planète de notre système solaire.


2001 Mars Odyssey

Sonde spatiale - NASA - 2001

Voici la mission la plus ancienne encore en activité : 2001 Mars Odyssey. Lancée le 7 avril 2001 depuis Cap Canaveral (USA) par la NASA et arrivée en orbite le 24 octobre 2001, la mission avait pour but de mettre en orbite une sonde spatiale. Elle a réussi sa mission à merveille, qui était de constituer une carte de la répartition des minéraux et des éléments chimiques à la surface. De plus, elle avait pour but de détecter une hypothétique présence d’eau. Certes, de l’eau liquide n’a pas été détectée, mais ce sont de grandes quantités de glace d'eau dans les régions polaires, enfouies juste sous la surface, qui l’ont été.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, la sonde est toujours en fonctionnement avec ses plus de 19 ans en orbite, et sert de relais de télécommunications avec la Terre pour les autres missions.

Sources :


Mars Express

Sonde spatiale + atterrisseur - ESA - 2003

La sonde de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) est partie le 2 juin 2003 de Baikonour (Kazakhstan). Ce fut la première mission européenne à aller à la conquête de Mars. La sonde a eu de multiples objectifs : la réalisation de cartes en couleurs, la création d'une carte de la composition minéralogique de la surface, la détection d’eau ou de glace, ou encore l'analyse de l’atmosphère de la planète.

Mais pas seulement, la mission avait aussi pour objectif de déployer et poser à la surface un atterrisseur : Beagle 2. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme prévu. L’atterrisseur s’est bien posé à la surface, mais n’a jamais donné signe de vie. Une perte estimée entre 65 et 80 millions de dollars…

L’orbiteur quant à lui, fonctionne toujours, et a d’ailleurs eu une extension de mission jusqu’en 2022.

Sources :


Mars Reconnaissance Orbiter

Sonde spatiale - NASA - 2005

On continue avec une sonde spatiale, encore, portant l’acronyme MRO (Mars Reconnaissance Orbiter). Cette mission de la NASA, lancée le 12 août 2005, a rempli sa mission principale grâce à son télescope HIRISE, pour cartographier la surface de Mars avec une résolution de 20 à 30 cm ! Comme de nombreuses sondes, MRO est équipée d’un système de télécommunication lui permettant d’être un relais pour d’autres missions. À ce jour, la sonde a transmis 407 térabits de données !

La mission devait prendre fin en décembre 2018, mais elle a été prolongée.

Sources :


Mars Science Laboratory ou Curiosity

Rover - NASA - 2011

Voici peut-être la mission la plus ambitieuse (pour l’époque) qui fût lancée. En effet, la NASA l'a lancée le 26 novembre 2011, et a eu pour but de poser un rover, Curiosity, à la surface Mars. Certes, cet exercice avait déjà été réalisé par la NASA avec d’autres rovers précédemment (Sojourney en 1997, Spirit/Opportunity en 2004), mais ici, son rover nommé Curiosity, pèse plus de quatre fois plus que les autres ! Comme nous pouvons le voir ci-dessous en photo.

Son but ? Se balader à la surface pour tenter de découvrir LE grand mystère : y a-t-il eu de la vie sur Mars ? Mais pas que, le rover a analysé le climat et la géologie de Mars afin de préparer l’exploration humaine.

Son système d’atterrissage a utilisé une technique très délicate pour poser le rover. Après une longue descente parachutée, ce sont des rétrofusées qui ralentissent la sonde. Puis à 21m du sol, trois câbles ont déposé tout en douceur Curiosity sur la planète rouge.

Le rover a actuellement parcouru une distance de 24,86 km et est toujours en fonctionnement.

Sources :


MAVEN

Sonde spatiale - NASA - 2013

MAVEN ou Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN, est une mission de la NASA, lancée le 18 novembre 2013. La sonde avait pour objectif, grâce à son orbite elliptique, de déterminer les raisons de la quasi-disparition de l’atmosphère de la planète rouge. Notez que la pression atmosphérique y est 170 fois plus faible que sur notre planète.

Sa mission fut un succès en découvrant, entre autres, que le vent solaire est le grand responsable de la disparition de l'atmosphère de Mars. Ce dernier grignote lentement 100g d’atmosphère par seconde, ajoutez à ça des éruptions solaires - le tout sur des milliards d’années - et nous voilà avec une atmosphère fine comme du papier.

Aujourd’hui MAVEN continue ses prises de mesures et sert de relais de communications !

Sources :


Mars Orbiter Mission

Sonde spatiale - ISRO - 2013

Mars Orbiter Mission a été lancée le 5 novembre 2013 par l’agence spatiale Indienne : Indian Space Research Organisation (ISRO). Cette sonde avait pour but d’étudier l’atmosphère de Mars, de détecter des traces de méthane et de rechercher le Saint Graal : des traces passées d’eau à la surface.

La sonde est toujours en activité.

Sources :


ExoMars Trace Gas Orbiter

Sonde spatiale + atterrisseur + rover - ESA, Roscosmos - 2016

Voici une mission collaborative entre les Européens et les Russes. ExoMars Trace Gas Orbiter, lancée le 14 mars 2016, a trois objectifs : l’un (réalisé) est d’analyser l’atmosphère de Mars grâce à la sonde.

Le deuxième était de faire atterrir un atterrisseur nommé Schiaparelli, pour tester et valider les méthodes de rentrées atmosphériques et d’atterrissage. Mais une fois de plus, après Beagle 2 en 2003, le scénario se répète avec la perte de Schiaparelli peu avant l’atterrissage. L’ESA joue vraiment de malchance avec ses atterrisseurs ou peut-être d’inexpérience.

Mais la troisième mission va peut-être pouvoir sauver l’honneur : la mission ExoMars. Le rover nommé Rosalind Franklin, est toujours arrimé à la sonde. C’est en 2022 qu’il devrait se décrocher et atterrir sur la planète Mars, pour y rechercher, grâce à sa foreuse, d’actuelles ou d’anciennes traces de vie.

Voici donc une mission ExoMars loin d’être terminée.

Sources :


InSight

Atterrisseur - NASA, CNES, DLR - 2018

Voici la mission InSight de la NASA épaulée par le CNES (Centre National français d’Etudes Spatiales) et le DLR (Centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique) lancée en 2018.

L'atterrisseur InSight © NASA/JPL

Cet atterrisseur est inédit comparé à tout ce qui a été fait jusqu’alors : il doit étudier la structure interne de la planète. Et ce, grâce à deux instruments : le sismomètre français SEIS (développé par le CNES) et le détecteur de flux de chaleur allemand HP3. De plus, notons aussi l’instrument RISE qui suit l’oscillation du pôle Nord de Mars, pour mieux connaître le cœur de la planète.

Le sismographe fonctionne à merveille, et nous a d’ailleurs offert les tout premiers enregistrements de tremblement de terre Martien, retrouvez l'enregistrement audio ici.

En revanche, HP3 n’a pas été en mesure d’atteindre la profondeur de 5m, nécessaire pour le bon déroulement de sa mission. La NASA a donc, en ce début d’année 2021, annoncé l’arrêt de cette partie de la mission.

Mais tout le reste de la mission est toujours d’actualité et a d’ailleurs été prolongé pour deux années supplémentaires.

Sources :


Mission martienne des Émirats ou Al-Amal ou Mars Hope

Sonde spatiale - Agence spatiale émiratie – 2020

La toute jeune agence spatiale émiratie (Émirats Arabes Unis), créée en 2014, a réussi à lancer sa première sonde en orbite de Mars en 2020. Elle s'est mise en orbite en février 2021.

Cette sonde va étudier l’atmosphère et le climat de Mars.

Sa mission a pu se faire grâce à l’aide des États-Unis pour la construction de la sonde et aussi au Japon pour le lancement de la sonde à bord de la fusée nippone H-IIA.

Sources :


Tianwen-1

Sonde spatiale + rover - CNSA – 2020

Un petit jour après Al-Amal, ce fut au tour de la sonde chinoise Tianwen-1 de se mettre en orbite autour de la planète rouge. Cette mission a deux objectifs : mettre en orbite une sonde spatiale et faire atterrir un rover.
La sonde va, comme toutes les sondes actuellement, analyser la surface de Mars pour détecter d’éventuelles traces de glace d’eau. La sonde va aussi essayer de repérer un futur site pour un retour d’échantillons martiens.

Le rover, quant à lui, va étudier la composition de la roche et ses minéraux. Il va aussi analyser le climat et l’atmosphère. Et pour finir, ses magnétomètres auront pour but d’étudier le champ magnétique de la planète.

Actuellement, la sonde orbite pour analyser les sites potentiels choisis pour l’atterrissage du rover, qui est prévu pour mai/juin 2021.

Sources :


Mars 2020 / Perseverance

Rover + hélicoptère - NASA - 2020

Et pour finir cette liste, voici Perseverance, un nouveau rover de la NASA. La mission est partie le 30 juillet 2020, et est arrivée sur Mars le 18 février 2021, lors d’un long suspense diffusé en direct sur internet.

Ce rover est basé sur la même conception que son petit frère Curiosity. La mission Mars 2020 est la première étape d’une série de trois missions pour ramener des échantillons martiens sur Terre. L’une des principales missions de Perseverance sera donc de récolter des carottages du sol martien et de les stocker, pour qu'ils soient récupérés par une future mission puis renvoyés sur Terre. Le but étant de rechercher d'anciens signes de vie microbienne.

Landscape from Van Zyl Overlook - Perseverance, sol 57

De plus, le rover abrite de nombreuses technologies en phase de test pour aider une future exploration humaine. Ainsi, l’instrument MOXIE va tenter de produire de l’oxygène ou encore Mars Helicopter ou Ingenuity va tenter de prouver qu’il est possible de voler à la surface de Mars (rappelons que la pression de l’atmosphère de Mars est 170 fois plus faible que sur Terre).

À l’heure où nous écrivons ces lignes, Perseverance a parcouru 100m à la surface.

Notons que la SuperCam a été en partie conçue par les Français du CNES. D'ailleurs, la SuperCam est équipée d'un micro, et voici pour la première fois le bruit du vent à la surface de Mars :

Sources :


Voilà, on vous a donc présenté toutes les missions en cours autour et sur la planète Mars. Elle n’a jamais été aussi occupée par autant de sondes, d’atterrisseurs et de rovers. Il ne restera qu'à poser un pied dessus...


Relu et corrigé par : Optimus13



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